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Factures

Copropriétés : doit-on redouter une nouvelle flambée des charges ?

Les prix du gaz repartent à la hausse et vos charges de copropriété aussi. Les foyers chauffés au gaz collectif peuvent s'attendre à 260 € de surcoût annuel, soit 22 € de plus par mois. Tous les copropriétaires ne sont pas égaux face à cette flambée : ceux qui ont négocié des prix fixes sont protégés, les autres trinquent. La solution ? Accélérer la rénovation énergétique avant que la facture n'explose définitivement.

La rédaction · 6 min de lecture

Les prix du gaz repartent à la hausse et les copropriétaires risquent de voir leurs charges grimper. Même si on est loin des sommets de la crise énergétique, les factures vont augmenter pour ceux qui ne sont pas protégés par des contrats à prix fixe. Hello Watt annonce 260 € de surcoût moyen par an pour un foyer de quatre personnes chauffé au gaz. Face à cette nouvelle flambée, les gestionnaires misent sur l'anticipation et les copropriétés feraient mieux d'accélérer leur rénovation énergétique avant que la facture ne s'emballe pour de bon.

Les charges de copropriété repartent à la hausse : combien ça va coûter ?

Les copropriétaires chauffés au gaz collectif vont encore mettre la main au portefeuille.

Le surcoût annoncé : 260 € de plus en moyenne par an pour un foyer de quatre personnes, selon la plateforme Hello Watt. Ça représente presque 22 € par mois en plus sur les charges. Quand tu es déjà juste financièrement, ça tape dur.

Qui est concerné ? Les copropriétés avec chauffage collectif au gaz, notamment celles qui n'ont pas sécurisé de contrat à prix fixe. Les prix du gaz remontent même s'ils restent bien en dessous des pics de la crise ukrainienne. On était à 300 €/MWh au plus fort de la crise, on tourne autour de 50 € aujourd'hui.

Mais même à ce niveau, la hausse pèse sur les ménages modestes. Car contrairement aux copropriétés qui ont anticipé et négocié des prix fixes il y a un ou deux ans, celles qui arrivent à échéance maintenant doivent choisir : tarifs indexés qui ont augmenté mais restent gérables, ou renégocier à des conditions moins favorables.

Prix indexés vs prix fixes : tous les copropriétaires ne sont pas logés à la même enseigne

Les copropriétés qui ont anticipé et négocié des prix fixes il y a un ou deux ans sont protégées pour l'instant. Celles qui arrivent à échéance maintenant subissent la hausse de plein fouet.

Le problème : beaucoup de petites copropriétés gérées sans syndic professionnel n'ont pas cette culture d'anticipation. Résultat, elles prennent les hausses sans pouvoir s'en protéger.

Si ton syndic a fait son boulot en sécurisant les contrats avant la hausse, tu es tranquille. Sinon, prépare-toi à voir la ligne chauffage gonfler sur ton appel de charges.

Les gestionnaires ont retenu la leçon de la crise ukrainienne

Les gros acteurs de la gestion de copropriété se sont blindés, mais toutes les copros n'ont pas les mêmes moyens.

L'exemple de Foncia : 70 000 immeubles gérés, contrats sécurisés en amont à prix fixes négociés au plus bas. Le président de Foncia ADB, Zahir Keenoo, explique que l'expérience récente de la guerre en Ukraine leur a permis d'anticiper sur les contrats avec les énergéticiens. Ce que l'entreprise consomme aujourd'hui a été acheté il y a un ou deux ans.

La stratégie qui paie : acheter l'énergie un ou deux ans à l'avance quand les prix sont bas. Zahir Keenoo le confirme : les prix actuels n'ont rien à voir avec ceux de la crise. Six fois moins chers qu'au pic.

Pour les contrats qui arrivent à échéance maintenant, les pros préconisent de privilégier les tarifs indexés plutôt que de paniquer sur du fixe trop cher.

Les petites copropriétés prises de court

Les grandes structures comme Foncia ont les moyens d'anticiper et de négocier en volume. Les petites copros, moins de 10 lots, gérées par des syndics locaux ou en autogestion, n'ont pas cette capacité de négociation.

Résultat : elles subissent les hausses sans pouvoir s'en protéger.

Ce que ça veut dire pour toi : si tu es dans une petite copro, vérifie avec ton syndic si vos contrats énergie sont renégociés régulièrement. Sinon vous prenez les hausses de plein fouet.

La vraie parade : sortir du gaz et rénover le bâti

Arrêter de courir après les prix du gaz et s'attaquer au vrai problème : les passoires thermiques collectives.

Tant que l'immeuble est mal isolé et chauffé au gaz, les charges resteront à la merci des marchés de l'énergie. Le gouvernement pousse pour sortir du gaz : la TVA sur les chaudières gaz est passée de 5,5 % à 10 % puis 20 %. Ces équipements ne sont plus subventionnés ni éligibles à l'éco-PTZ.

En parallèle, les pompes à chaleur sont de plus en plus aidées pour remplacer le gaz. Aimé de La Villejégu, président de Mondeviscopro.fr, le dit clairement : en deux ans, la TVA sur les chaudières à gaz est passée de 5,5 % à 10 % puis 20 %. Ces équipements ne sont plus subventionnés.

Cette quête d'indépendance énergétique garantit aussi des économies aux copros. Mais le parcours pour y arriver reste un parcours du combattant.

Rénovation énergétique en copropriété : un parcours qui paie

Le principe : isoler le bâti (murs, toiture, planchers) et changer de système de chauffage.

Les aides mobilisables :

  • MaPrimeRénov' Copropriété : jusqu'à 25 % du montant des travaux, voire plus pour les copros modestes
  • Certificats d'Économies d'Énergie (CEE)
  • Éco-PTZ collectif

Le blocage : MaPrimeRénov' à l'arrêt faute de budget voté. Certaines copros attendent depuis des mois pour lancer leurs travaux.

Les économies réelles : une copro qui passe de classe E à C peut diviser ses factures de chauffage par deux.

La difficulté : faire voter les travaux en assemblée générale, trouver des artisans RGE sérieux, monter le dossier complexe de financement.

Les copros qui ne font rien vont morfler

Celles qui restent au gaz sans rénover subiront toutes les futures hausses. Les DPE collectifs obligatoires vont dévaloriser les immeubles énergivores.

À terme, obligation de travaux pour sortir des classes F et G. Le calendrier est en cours de définition.

Traduction cash : si ta copro ne bouge pas maintenant, tu vas payer deux fois. D'abord sur les charges qui grimpent, ensuite sur la valeur de ton appart qui baisse.

Ce que tu peux faire si tu es copropriétaire

Concrètement, quelles sont tes marges de manœuvre ?

Vérifier les contrats énergie de ta copropriété

Demande au syndic l'état des contrats gaz et électricité : date d'échéance, type de tarif (fixe ou indexé), date de dernière renégociation.

Si le contrat arrive à échéance prochainement : exige une mise en concurrence entre fournisseurs. Privilégie les contrats indexés en période de baisse ou de stabilité des prix.

Mettre la rénovation énergétique à l'ordre du jour de l'AG

Demande un audit énergétique de l'immeuble. C'est obligatoire pour les copros de plus de 50 lots avec chauffage collectif.

Propose un vote pour engager une étude de faisabilité pour la rénovation globale. Renseigne-toi sur MaPrimeRénov' Copropriété malgré le gel budgétaire : les dossiers déjà déposés seront traités, et le dispositif devrait repartir une fois le budget voté.

Contacte un point France Rénov' pour obtenir des conseils gratuits et neutres.

Surveiller les pièges et les arnaques

Méfie-toi des démarchages agressifs pour des travaux d'isolation financés à 100 %. Souvent des arnaques aux CEE.

Vérifie que les artisans proposés sont bien certifiés RGE. Vérification sur france-renov.gouv.fr.

Exige plusieurs devis comparatifs avant tout vote en AG. Ne signe jamais de bon de commande le jour même d'une présentation en AG.

Les Hauts-de-France particulièrement concernés

Pourquoi les copropriétaires d'ici doivent être encore plus vigilants.

Le climat rigoureux de la région fait que les besoins de chauffage sont plus élevés qu'ailleurs en France. Chaque hausse de prix tape plus fort.

Le parc immobilier ancien : beaucoup de copropriétés datent d'avant les premières réglementations thermiques, années 60-70. Elles sont très énergivores.

Les revenus médians plus faibles : les ménages modestes sont surreprésentés dans les copropriétés du Nord-Pas-de-Calais. 260 € de charges en plus, ça pèse lourd.

L'accès aux aides : les plafonds de revenus MaPrimeRénov' catégories modeste et très modeste permettent à beaucoup de copropriétaires de la région de bénéficier de taux d'aide majorés.

Type de copropriétéSituationImpact hausse gaz
Grande copro avec syndic proContrats anticipés à prix fixeFaible à nul
Petite copro sans anticipationContrats à échéance proche+260 €/an par foyer
Copro rénovée (classe C ou mieux)Consommation réduiteImpact divisé par deux

La facture grimpe pour ceux qui n'ont pas anticipé. Pour ceux qui ne rénovent pas, elle continuera de grimper. Les copropriétaires des Hauts-de-France doivent agir maintenant.

Publié dans Factures & Énergie.